CALVI


Ma Très Chère, Ma Belle,


Lorsque je te vis tu étais endormie.

Aux premières heures du jour les rayons du soleil caressèrent tes courbes. La brise marine vint lever le voile de tes beautés secrètes à ceux qui, subtilement, surent les deviner.

Ton parfum, aux notes de myrte et d’immortelle, effleura mes narines. Eveillant tous mes sens.


Intimidé par tant de beauté, je restai là, observant chaque instant.

Mais lorsque je sentis que je n’étais plus seul, qu’entre tes bras ouverts tous étaient accueillis, un sentiment étrange alors m’envahit. Une immense jalousie.

J’eus voulu te garder pour moi seul. Et pourtant, mêlé à cette foule immense, anonyme, je te parcourus. Je savais bien au fond, que pour t’apprivoiser, une simple visite ne leur suffirait.

Patiemment j’attendais, moi qui te connaissais, de me retrouver seul. Pour mieux t’admirer. Patiemment j’attendais, de pouvoir me presser en ton sein chaleureux et si familier.

Les heures semblèrent longues. Je m’impatientais. Mais telle une devise, je te restai fidèle. Peu importait le temps. Peu importaient les autres. Je le serai toujours.


Sous le soleil de plomb, la chaleur m’envahit. A l’ombre de tes formes je vins me réfugier. Du haut de ce balcon, Notre Dame de la Serra, j’observai ton teint, rosi par les pouvoirs d’Hélios.

J’espérais, par mes modestes mots, te faire quelques effets.

Puis je te vis sereine. Le tumulte passé. Tes traits doux, apaisés, délicatement éclairés par la lune, firent enfin apparaître ta nature si sauvage.


Le souffle frais du soir remplace la chaleur estivale. C’est désormais à moi, ton fidèle sujet, de prendre soin de toi et de te réchauffer. Les lumières chaleureuses et les feux de cheminée te parent de tes plus belles couleurs.

Nous te devons bien ça, toi qui depuis toujours nous chéris, nous protège, nous émerveille.


Toi qui m’as vu naître et grandir. Toi Calvi. Toi ma ville et bien plus. Toi qui m’inspires, me fais rêver.

Toi dont je m’éloigne non sans mal mais vers qui je reviens toujours. Je reviens me blottir dans tes bras, mon éternel refuge.

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